Oh crise je chéris ton nom...

Publié le 28/02/2015
Par Yazan

C'est la crise... Depuis 2007, l'économie déraille... Il y eut les subprimes: La voracité de banquiers devenus fous qu'il fallut ensuite renflouer afin d'éviter toute contamination systémique mais il était déjà trop tard, les caisses étaient vides. Le contribuable allait devoir morfler... La belle histoire? Les banquiers étaient sauvés!

Puis vinrent les crises des dettes publiques dès 2009: Les banques désormais rétablies s'amusant à tirer sur l'ambulance en spéculant contre les dettes des États... Pour eux, champagne et parachutes dorés, putes et jacuzzis, la fête bat toujours son plein six ans plus tard, mais de notre côté, nul autre horizon que celui de l'austérité... Quelle belle moralité...

Attention! Il s'agit ici de deux crises bien distinctes! La première fut réglée par le président en poste (si, si, c'est Guaino qui le dit et quand Guaino s'exprime, on écoute avec respect un peu comme face à Chuck Norris). Elle transforma peut-être nos caisses en véritables trous noirs, elle enclencha potentiellement la spirale de l'insolvabilité, mais non, non et non, la première fut financière, la seconde économique, puisqu'on vous dit que ces deux crises n'ont rien à voir! Amusant de constater un tel déni dans la version officielle.

Et dire qu'en 2007 on venait tout juste de se relever de la précédente dépression enclenchée dans les années 2000, spéculative celle là, un emballement des économies numériques se soldant par l'effondrement du NASDAC... Et paf, 5 ans de traversée du désert! On n'oubliera pas non plus la crise du système monétaire européen sous le coup d'attaques spéculatives dans les années 1992-1993, les chocs pétroliers de 1973 et 1979, en fait, depuis 40 ans, les crises passent et trépassent... Ça devient lassant...

Au fond, nous ne sommes jamais que dans le creux d'une crise profonde s'éternisant depuis 40 années. Nous avons certes pu assister à quelques embellies temporaires, mais la tendance est nette: Creusement des dettes publiques, montée du chômage, jamais depuis le début des années 1970 notre déficit public n'est parvenu à s'inverser. Il devient urgent d'adopter une vision bien plus globale: C'est le système qui engendre cette succession de crises, le problème est avant tout institutionnel, ses visages économiques ou financiers n'en sont que les conséquences... L'ampleur est mondiale...

Evolution du déficit public français de 1959 à 2013 en % du PIB

Bien comprendre la genèse d'une crise est primordial, comment la combattre efficacement sinon? La fin des années 60 ne fait pas que clore un chapitre de 30 glorieuses: C'est également la mise à mort du bon vieux capitalisme à la sauce Keynésienne, l'idéologie libérale l'a décapité... L'enjeu affiché? Utiliser la finance en qualité de boost économique et le résultat est au rendez vous: Jamais l'humanité n'aura été en capacité de produire autant de richesses, mais pour qui? A quel prix? Car dépassés, les états n'ont pas su s'adapter sur une palnète transformée en paradis fiscal pour vautours de la finance. Nous avons appelé à une guerre économique, mais nous avons omis d'en fixer les règles!

La concentration des richesses explose, cette situation ne peut qu'être propice à l'émergence de tensions, de famines, de guerres, de fanatismes ou autres extrémismes. Oui, c'est la crise qui pousse la Russie dans son dernier sursaut impérialiste, qui alimente le fanatisme religieux en moyen orient comme en Afrique, qui fait monter les extrêmes droites en Europe... C'est cette même crise qui contraint des candidats à renier leurs promesses électorales, qui prive les Nations des finances nécessaires à la lutte contre le réchauffement climatique, qui pousse des populations affamées dans l'horreur d'exils migratoires... Oui nous avons permis à cette finance de s'ériger au dessus des États, c'est désormais elle qui dicte sa loi...

Ce n'est pas une traque néanmoins nécessaire des évadés fiscaux qui permettra à la tendance de s'inverser, le compte n'y est pas... Ce n'est pas de focaliser sur l'euro ou l'ouverture des frontières qui changerait quoi que ce soit, cette vision immature ne repose sur rien... Car au fond, cette crise a un nom: Libéralisme... Là est la seule clef permettant d'en venir à bout!

Ce libéralisme est le bras armé de la finance, la situation perdure depuis 40 ans et face à ce démon, il n'est aucune promesse électorale qui vaille... Nous serons bien seuls... Le choix nous appartient dès lors de nous lever unis ou divisés, mais il est capital avant et surtout de ne point se tromper d'ennemi!


 



1 commentaire pour Oh crise je chéris ton nom...

avatar
Dale dit:
01/03/2015 13:08

A voir sur le sujet : Étienne Chouard
un lien vers un témoignage que l'on entend peu ..
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-discours-trouble-d-etienne-chouard-contre-les-1-qui-se-gavent_1622043.html

avatar
Réponse de Yazan:

Étienne Chouard pourrait être intéressant... S'il ne copinait pas avec Soral dont l'antisémitisme et l'homophobie sont notoire, et que Chouard fait passer en "détail sans importance"... Sa proximité avec cette extrême droite très extrême le rend à mes yeux finalement peu fréquentable, cet Etienne Chouard...


POSTER UN COMMENTAIRE

Afin d'en faciliter le fil, un administrateur se réserve le droit de modérer les commentaires de spam, hors débat, ou incitant à la haine ou quelque discrimination que ce soit



A propos...

Ce monde qui n'a de cesse de vouloir dérailler n'est que l'écho du rêve que nous lui avons infligé.

Suivez nous...

Suivez le bruit des bottes sur Facebook    Suivez le bruit des bottes sur Twitter