Sur le rejet du Front National (acte II)

Publié le 24/11/2015
Par Yazan

J'écrivais il y a neuf mois sur le désaveu massif exprimé par la population française envers la personne de Marine Le Pen (voir "comment le front national a perdu en 2017"). Ce constat s'appuyait sur le baromètre politique ODOXA et plus particulièrement son indicateur de rejet de différentes personnalités politiques (la question posée étant: "Pour chacune des personnalités politiques suivantes, dites nous si vous la soutenez, si vous éprouvez de la sympathie pour elle, si vous ressentez de l’indifférence à son égard ou si vous la rejetez").

Cette notion de rejet est cruciale dans l'issue de tout scrutin électoral: Elle détermine la direction qu'un vote ne peut prendre dans un second tour. Néanmoins, avec un historique de cinq mois seulement, l'étude manquait cruellement du recul permettant d'en dessiner une tendance objective.

Neuf mois plus tard, nous disposons désormais d'une série temporelle bien plus crédible, avec en prime l'introduction de nouvelles personnalités... Et ce qui en ressort ne saurait être considéré comme une bonne nouvelle pour l'extrême droite!

barometre politique odoxa sur le front national

Depuis plus d'un an, jamais Marine Le Pen n'est parvenue à se faire détester par moins de 51% des français. Pire, tout dérapage dans sa communication est lourdement sanctionné: 8% de rejets supplémentaires à l'issue de sa récupération des attentats de janvier 2015, 4% lors du mélodrame sur l'exclusion de son père. Une véritable chape de plomb...

caricature du rejet de marine le pen par les français

Et à y regarder de plus près, c'est toute l'élite de l'extrême droite que les français rejettent: Marion Maréchal Le Pen talonne sa tante de très près, Nicolas Sarkozy (oui, osons le positionner dans cette extrême droite tant il la convoite) s'approche doucement mais inexorablement du seuil fatidique des 50%, et au final, avec "seulement" 47% de rejet, c'est Florian Phillipot qui s'en sort le mieux avec sa technique du "gentil flic" face à une "méchante" Marine Le Pen contrainte d'adopter des postures sémantiques chères à son père afin de ne point se priver d'une frange de son électorat, signant de fait la fin de sa dédiabolisation. (Notons tout de même comme élément de comparaison que c'est ici Alain Juppé que les français, sans obligatoirement approuver, rejettent le moins - 23% de rejet au mois d'octobre 2015 - mais on se doute que son relatif silence médiatique ne joue présentement en sa faveur.)

A l'image de l'absence de consensus dont il sait se montrer capable, le front national est et reste donc un parti clivant, sous son règne, la France se retrouverait tout simplement ingouvernable!

Mais rassurez vous brave gens, de ce côté là tout va bien... Permettons nous d'insister, car le front national est et reste un parti clivant, il peut bien user de tous les artifices en sa faveur afin de s'autoproclamer 1er parti de France, les français ne sont pas dupes et au vu de l'évolution de l'impopularité de Marine Le Pen sur un an, il n'y a aucun risque qu'ils ne lui accordent leurs faveurs aux présidentielles de 2017!





 



1 commentaire pour Sur le rejet du Front National (acte II)

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R'hic dit:
24/11/2015 09:31

Confirmation d'un ressenti !
Il me serait très agréable de connaître les astuces des sondeurs de tout poil qui font apparaître le FN comme un parti "comme les autres" ?
Tout autour de tout un chacun on entend toujours les mêmes disques rayés : seul le front national est à même de donner aux français tout ce qu'ils veulent mais les mêmes ne les veulent pas pour gouverner !


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